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Date de publication: 8 janv. 2021
Auteur: DB
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Le président de la Fédération bancaire française (FBF), Pierre Brassac, dans la Revue Banque, a fait, en ce début d’année, un tour d’horizon des grandes évolutions que connaissent les banques françaises sous l’effet de la crise sanitaire et de ses conséquences sur l’économie. Le financement des entreprises et le devenir du PGE sont des sujets majeurs pour 2021, montre avec force son propos.

Les moratoires de crédits professionnels, d’abord, qui ont représenté environ 20 milliards d’euros avec une approche et un traitement réellement personnalisé. Le Prêt garanti par l’État (PGE), ensuite, a représenté la deuxième mesure exceptionnelle des banques pour soutenir l’économie, pour faire un pontage de trésorerie et accompagner les entreprises viables avant la crise jusqu’à leur reprise d’activité. À mi-novembre, déclare le président de la FBF, plus de 610 000 entreprises ont bénéficié de 125 milliards d’euros de PGE.

Et les résultats sont là, affirme-t-il : une étude récente montre que 99 % des entreprises qui avaient perdu plus de 90 % de leur chiffre d'affaires durant le premier confinement ont survécu. Notre premier chantier sera celui-ci, poursuit-il : continuer à soutenir les entreprises qui en auront besoin. Il est d’ailleurs toujours possible pour les chefs d’entreprise de souscrire un PGE jusqu’au 30 juin 2021. 2021 marquera aussi le temps du remboursement du PGE ou, pour ceux qui choisiront cette option, le début de son amortissement.

Pour rappel, à l’issue de la première année, le chef d’entreprise, avec l’aide de son conseiller bancaire, déterminera la meilleure solution concernant la question du remboursement de son PGE. Son amortissement pourra être étalé entre 1 et 5 années supplémentaires. Au vu des informations disponibles à ce jour notamment sur les conditions de marché, le taux pour l’emprunteur pourrait s’établir entre 1 et 2,5 % par an, pour les TPE / PME, en fonction de la maturité choisie, garantie d’État de 0,5 à 1 % comprise. Le PGE, note le président de la FBF, sera à prix coutant, c’est-à-dire à marge financière nulle. Il sera aussi possible d’aménager l’amortissement avec une première période d’un an où seuls les intérêts et le coût de la garantie d’État seront payés, en restant dans la durée totale fixée.

Le PGE est un dispositif souple et les banques étudient, pour chaque situation, les solutions les meilleures. Les banques continueront à accompagner leurs clients, à trouver avec eux et pour eux, les solutions les meilleures pour faire de la relance un succès, note Pierre Brassac. Par ailleurs, poursuit-il, les prêts participatifs, qui seront délivrés par les banques et soutenus par l’État, ont pour objectif de renforcer le haut de bilan des entreprises ; ils visent à permettre à des PME et ETI qui ont un potentiel de croissance mais ne peuvent pas ou ne veulent pas, pour différentes raisons, accéder au marché, d’investir et de se développer, afin de se relancer plus vite et d’être compétitives dans les prochaines années.

Ces prêts, de long terme, devraient être disponibles à partir de la fin du premier trimestre 2021 et jusqu’à fin 2022. Ils seront distribués par les banques, à un taux proche de 5 %, précise-t-il.  Ce dispositif est en cours de co-construction entre les Pouvoirs publics et les banques. Il vise à mettre en place jusqu’à 20 milliards d’euros de quasi-fonds propres dans les entreprises. Ils seront donc proposés pendant une période post-crise limitée, à une catégorie précise d’entreprises qui aujourd’hui n’ont pas accès ou ne veulent pas accéder aux instruments de marché traditionnels.

Interrogés sur l’évolution des prêts non performants (NPL), le président de la FBF, souligne que, rapportés à la taille des bilans bancaires, les taux des prêts non performants des banques françaises sont parmi les plus faibles d’Europe. Cela tient historiquement, explique-t-il, à une gestion rigoureuse des risques par les banques françaises, tout en étant capable d’accompagner les besoins de financement des clients particuliers et entreprises comme en témoigne la forte dynamique des crédits depuis la crise de 2008. Par ailleurs, les caractéristiques des financements immobiliers français (taux fixe, garanties via le cautionnement notamment, taux d’effort) sont autant d’éléments qui expliquent les moindres taux de NPL en France et qui sont des atouts majeurs de la résilience du secteur bancaire français.

L’économie française redémarre progressivement, commente ainsi le président de la FBF. L’ensemble des mesures prises par les banques (PGE, moratoires, rééchelonnements de dettes proposés par les banques aux entreprises) ou bien encore par l’État (moratoires sur charges sociales et fiscales, chômage partiel, fonds de solidarité…) sont autant d’actions qui ont permis de maintenir la solvabilité des emprunteurs et qui contiennent ainsi la progression des taux de NPL en France.

Les banques françaises sont solides, elles pratiquent le crédit responsable, et leur modèle est résilient, affirme ainsi Pierre Brassac. Elles sont entrées dans la crise avec des ratios de fonds propres largement supérieurs aux minima, notamment grâce à leur modèle et à la diversité de leurs activités. Leur base, solide, leur permet d’encaisser la hausse du coût du risque, c’est-à-dire la variation de leurs provisions, conclut-il.

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